Cécile PLAUD, membre associée du CREAD, soutiendra son HDR le 10 juillet 2026 à 14h00.
Ses travaux portent sur les "dynamiques identitaires en formation des adultes : une approche renouvelée au prisme de l'ordre de genre".
Résumé : C’est un lieu commun d’affirmer que la formation est un espace de socialisation essentiel, ce qui fonde en partie la pertinence d’une approche en termes de dynamiques identitaires considérant que la formation « peut jouer un rôle clé dans les processus de production, de transformation et de redéfinition des identités professionnelles et sociales » (Kadourri, 2019). Pour autant, les individus en formation, qu’ils y entrent ou y soient, ont été préalablement socialisés dans une culture qui désigne et assigne des valeurs, codes, règles relatives aux genres.
Par mes recherches, je tâche de mettre en lumière comment le cadre d’analyse des dynamiques identitaire peut être renouvelé à l'appui d'une lecture féministe. Par ce terme, je signifie d’une part que l’ordre de genre est inscrit dans les réalités sociales de la formation et de l’éducation, d’autre part qu’il convient d’objectiver comment cet ordre imprime les trajectoires sociales en partant des expériences des individus. De la sorte, il est possible de mettre à jour et de comprendre comment s’agence déterminisme et libre arbitre. « Il n’y a pas d’adhésion muette aux stéréotypes sexués » nous dit Devineau (2012), les individus composent avec. D’une certaine manière, j’ai inséré dans l’analyse des dynamiques identitaires en formation la dialectique de l’aliénation / libération, qui ne cesse de se renouveler sans jamais se dissoudre.
Par ce regard féministe, je tâche de dépasser ce que l’ordre hiérarchique du genre impose : le pouvoir d’énoncer, de dicter, de décrire, de théoriser. L’apport de la pensée féministe est en effet de contrecarrer l’androcentrisme, ce biais théorique et idéologique qui se centre principalement, voire parfois exclusivement, sur les hommes et les rapports qui sont établis entre eux (Mathieu, 2013, p. 76). On croit parler du général quand en fait on parle au masculin. De la sorte, la connaissance doit faire état des systèmes de hiérarchie et de domination, afin de relativiser la réalité en fonction du point de vue de celui ou celle qui l’émet. En portant attention à l’expérience des femmes, notamment durant leurs parcours de formation, cela permet de reconnaitre qu’il y a quelque chose d’universel dans l’expérience des dominées (hooks, 1984/2017). Je prends appui dans mon argumentation théorique sur des recherches conduites dans trois principaux espaces de formation : établissements du secondaire, écoles d'ingénierie et internes en médecine intensive réanimation".
Composition du jury :